Exclusivement au cinéma dès le 7 août 2026

Montréal, Cineplex Quartier Latin

Shebrooke, La Maison du Cinéma

Trois-Rivières, Cinéma le Tapis Rouge


Canada, Maroc | 109 min. | français et arabe | sous-titres anglais disponibles

Farid a quatre ans lorsque disparaît son père adoré. On murmure qu’il a fui le Maroc pour une autre femme. Farid grandit dans cette absence, se marie avec la belle Sofia et mène une carrière prometteuse. Puis arrive une lettre de Montréal. La vérité éclate : c’est sa mère qui a poussé son père à partir, non pour une autre femme, mais parce qu’il aspirait à en être une. Farid décide alors d'aller enfin à la rencontre de ce parent perdu qu’il avait tant idéalisé.

Mettant en vedette — Younes Bouab, Mounia Zahzam, Nisrin Erradi, El Mehdi, Nadia Kounda
Réalisé par — Mohamed Nadif
Écrit par — Mohamed Nadif, Olivier Coussemacq
Direction photo — Kamal Darkaoui
Montage — Ghyzlane Boustita
Musique originale — Suad Bushnaq, Henry Mitton
Produit par — Samuel Gagnon, Bahija Essoussi, Mohamed Nadif, Rachida Saadi

Note d'intentions du réalisateur

« Ton père nous a quittés pour une autre femme, mon fils ».  C'était à Casablanca, en 1988. Farid avait trois ans. Il n'en saurait jamais plus de ce père douloureusement absent, jusqu'à cette lettre venue du Canada, quarante années plus tard : … C'est vrai, je suis parti pour une autre femme. Mais pas celle que tu auras imaginée. Celle que je suis parti conquérir, mon cher fils, était une femme prisonnière en moi, qu'il me fallait libérer, sinon mourir.

La proposition de Fatiha Morchid, auteure du roman en langue arabe « In’itâq ar-raghba » (Désir émancipé) dont nous présentons ici une adaptation libre, est audacieuse, perturbante, et généreuse. Être privé d'un père quarante années durant, jusqu'à ce qu'il se souvienne enfin de vous, mais pour vous annoncer qu'il s'est transformé en femme, interpelle fructueusement, qu'autant que souvent l'étrangeté des êtres, leurs différences, peuvent provoquer incompréhension, peur et rejet.

Dans une société normative, curieuse de l'autre mais se méfiant de toute singularité jusqu'à la traquer, est-il possible de laisser s'épanouir sa vérité lorsqu'elle est si différente ? Faut-il fuir, ou convaincre, se faire accepter, s'imposer ? Mentir ou se taire, pour ne blesser que soi-même ?

Du point de vue d'Amina, mère de Farid et femme abandonnée, il n'y a pas de doute : son mari Azzeddine aurait dû sans attendre, dès le début de leur relation, confesser son désir d'être femme, qu'elle pût choisir de devenir ou non épouse et mère avec lui, sans être exposée à la honte sociale d'une indicible vérité. Mais comment une vérité peut-elle être indicible, ou faire naître la honte ?

Notre approche d'un tel sujet ambitionne d'ouvrir au questionnement apaisé et à la compréhension bienveillante bien davantage qu'elle ne se propose de faire passer en force réponses formatées et normalité nouvelle d'un geste brutal qui ne ferait que creuser l'écart entre d'inconciliables points de vue. Le cinéma autorise de se mettre sans trop de risque à la place de l'autre, et conséquemment de le comprendre de l'intérieur.

Pour autant, l'Héritier des Secrets n'ambitionne pas d'être une thèse sociétale rébarbative. Soucieux d'offrir au public matière à ce qu'il s'y retrouve, y vibre et s'y plaise, c'est surtout une grande aventure humaine que nous lui proposons. Racontées du point de vue de la douleur secrète d'un orphelin de père, ses retrouvailles avec son géniteur devenu femme sont aussi l'occasion de dire la générosité, et l'amour sous diverses déclinaisons. C'est une fresque porteuse d'espoir, et d'humanité.

Mohamed Nadif / Réalisateur, scénariste et producteur

Mohamed Nadif, diplômé de l’ISADAC (Maroc) et de l’Université Paris-X, a commencé sa carrière dans le théâtre en tant qu’acteur et réalisateur avant de passer au cinéma. Il est apparu dans de nombreux films, puis a fondé Awman Productions, réalisant et produisant Andalousie, mon amour ! (2011) et Les femmes du Pavillon J (2019), ainsi que des courts : La jeune femme et l’ascenseur (2005), La jeune femme et l’instit (2007), et Jeune femme et l’école(2009). En tant que producteur ou producteur exécutif, principalement en France, il a soutenu des premiers et deuxièmes longs métrages dont Margelle et  Un été à Boujaad  d’Omar Moudouira, Entre deux eaux de Patrice Cordonnier, Tazzeka de Jean-Philippe Gaud et Nomades (Naima et ses fils) d’Olivier Coussemacq. Son prochain long métrage, L’héritier des secrets co-écrit avec Coussemacq, est librement adapté d’un roman de l’auteure marocaine Fatiha Morchid.